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Voyage à moto en Géorgie, jusqu’aux cols du Caucase (1/4)

Nous étions impatients d’explorer la Géorgie ! Il faut dire que rien que le terme « Caucase » nous fait rêver. Notre surprise ? C’est encore plus majestueux qu’on ne l’imaginait. Dans ce premier épisode, nous te racontons notre périple géorgien de Batoumi à Oushgouli (Ushguli) Une odyssée finement ponctuée de pépins et de découvertes. Bonne lecture !

Itinéraire de notre road-trip en Géorgie

Carte de notre Road-trip moto en Géorgie - URALISTAN

Conduire en Géorgie ou info à savoir

Assurance et autorisation de séjour d’un véhicule sur le territoire géorgien

La carte verte n’est pas acceptée dans ce pays. Il est obligatoire de souscrire une assurance géorgienne. Il est possible de le faire par internet ou via une agence après le passage de frontière.

Un véhicule étranger est autorisé à rester 3 mois maximum sur le sol géorgien (même si l’autorisation de séjour pour un français est d’un an). Il est possible de sortir du pays via les postes frontières de l’Arménie ou de la Turquie, puis de faire demi-tour.

État de la route

Le réseau secondaire est en bon état, même s’il n’est pas rare de traverser des petites sections en cours ou en attente de travaux notamment dans les villages.

A défaut de nids de poules, c’est toute une ménagerie qui peuple les petites routes géorgiennes. Cochons, chiens, chevaux et volatiles en tout genre. Mention spéciale pour les vaches qui ont carrément pris l’ascendant psychologique sur les automobilistes. Si Marguerite voit un brin d’herbe qui lui fait de l’œil, elle ne va pas hésiter à te couper la route. Vigilance donc.

Alcool au volant

Il y a de forte chance pour que les locaux t’invitent à boire de la bière ou de la tchatcha (eau de vie de raisin locale). Un verre ne venant jamais tout seul, attends toi à plusieurs tournées. Si tu dois conduire, mieux vaut refuser immédiatement. La tolérance concernant l’alcool et la conduite est nulle. Les contrôles policier sont fréquents. On en a vu régulièrement en bord de route et nous même avons été arrêté deux fois en un mois.

Conduite locale

Les géorgiens conduisent dangereusement : vitesse, dépassement sans visibilité ou au millimètre, aucune hésitation à couper les virages,… Un conseil, si une voiture te colle aux fesses, libère lui de l’espace pour qu’elle te double.

Les dépassements se font couramment au milieu de la chaussée. Celui qui se fait dépasser doit se déporter à l’extérieur pour laisser de la place à l’autre véhicule.

La Géorgie, comme les Balkans, est une destination phare pour le recyclage des véhicules en fin de vie en Europe de l’ouest. Ainsi, et c’est surtout le cas pour les véhicules utilitaires, on croise très régulièrement des camions aux logos d’entreprise de bâtiments allemandes ou encore des semi-remorques néerlandais à la retraite.

Un détail qui a son importance. Une bonne partie de ces véhicules ont le volant à droite. Et ? Avec un volant à gauche, tu te déportes légèrement sur la gauche avant de dépasser un véhicule. Tu empiètes légèrement sur la ligne centrale ce qui te permet de voir si tu as l’espace pour doubler. Avec un volant à droite ? On te laisse imaginer. Quelques frayeurs à la clé.
Et les Toyota Prius ! On en parle des Toyota Prius ? C’est quasiment une voiture sur 5. La raison de cette surpopulation nous échappe.

Nos premiers pas en Géorgie

Le premier passage de frontière un peu « galère »

Espace Schengen et pays voisins, jusqu’ici traverser une frontière a toujours été un jeu d’enfant. Avec l’entrée en Géorgie, nous montons d’un niveau. Deux heures d’attente, les passagers et conducteurs doivent emprunter deux chemins différents, la fouille du topcase, l’absence d’amabilité des douaniers… Rien de bien terrible si ce n’est cette petite histoire déplaisante d’assurance.

Notre carte verte ne couvre pas la Géorgie, il a donc fallu contracter une assurance locale. Ce n’est pas une surprise, nous le savions. Sauf que l’organisation est bizarre. Par exemple pour le Kosovo, il n’y a qu’une agence qui fournit le Graal avec un tarif fixe. Ici, un rabatteur nous fait des grands signes pour rejoindre son kiosque. Fatigués par le passage des douanes, nous le suivons bêtement. S’en suit une négociation étrange à base de 4 mots de vocabulaire en anglais et aboutissant à un prix trop élevé. Mais bon, le manque d’énergie, l’affluence de nouveaux arrivants, le manque de repère et l’envie de découvrir le coin, nous poussent à accepter.

De Batoumi à Ozurgeti

Nous avons rendez-vous dans une semaine à Ozurgeti pour notre workaway (cela consiste à travailler en échange d’un logement et des repas). Que faire en attendant ? Nous décidons de nous reposer dans un camping au tarif dérisoire en bord de mer noire pour hippies sans écu. Nous avons beau être des sauvages, les chiottes en mode Slumdog Millionaire qui embaument tout le camping, très peu pour nous…

Nous déménageons alors au Géocamp. Pour 2 euros supplémentaires, c’est le jour et la nuit. Ce qui nous surprend ? Ce camping est peuplé quasi-exclusivement de russes en vacances. Alors évidemment, l’Ural fait fureur. Nous passons nos journées à bosser sur notre site internet, nos soirées à jouer au Durak (un jeu de carte russe) avec d’autres campeurs, bain de nuit dans la Mer noire… C’est pas mal !

Nos 4 semaines en immersion dans une famille géorgienne

Et nous voilà à Komli chez Lika, près d’Ozurgeti. Cette femme hors du commun nous accueille dans sa famille pendant 1 mois. Lors de ce workaway, nous apprenons des méthodes d’éco-construction, nous découvrons la culture géorgienne notamment la région de Gourie et nous nous régalons de bons petits plats. Nous t’en dévoilons plus, dans cet article.

En route vers le Nord direction le Caucase

Byebye Gourie, bonjour Iméréthie

Nous quittons notre petite famille géorgienne pour prendre la direction de Mestia en Svanetie (Nord du pays) ! Nous arpentons alors de sublimes routes vallonnées couvertes de cultures de thé. La région de Gourie au climat subtropical est réputée pour ces précieuses feuilles. Sous l’occupation soviétique, elle fournissait tout l’URSS. Nous croisons des maisons en bois avec des toitures à 4 pans, les rues sont peuplées de vaches, de chiens et de cochons en liberté, les conduites de gaz surélevées longent les routes, les jardins abritent vignes et fruitiers, … Celui qu’on préfère ? L’arbre à kaki avec ses fruits orange fluo comme autant de boules de noël. Génial !

Soudainement, nous faisons face à une vaste plaine cernée de montagnes et traversée par la rivière Rioni. Ce serait le lieu où le mythique Jason s’est emparé de la Toison d’Or. Nous sommes en région d’Iméréthie.

Le Canyon de Martvili

Nous retrouvons les montagnes dans les environs de Martvili en région de Mingrélie. Nous y découvrons alors de jolies petites gorges creusées par la rivière Abasha à l’eau turquoise. Bon, ce n’est pas non plus l’Ardèche ou le Tarn, mais c’est une singularité qui vaut le détour.

Puis nous arrivons à Jvari dans le but de dégoter un hébergement. Pourquoi ne pas bivouaquer en bons sauvages que nous sommes ? Laurie, notre amie de Ride N’ Be nous a averti : en Géorgie, la maison d’hôte est une institution et le meilleur moyen de découvrir le mode de vie local. Qu’à cela ne tienne ! Nous voilà devant la Knarik guesthouse, salués par un porc. Nous occupons les chambres d’invités d’une grande demeure, les WC sont au fond du jardin, les espaces communs et la salle de bain sont partagés avec la famille habitant les lieux et nous dégustons un délicieux repas concocté par la mamie. Au menu : purée à base de farine de maïs, fromage de Suluguni, ragoût de bœuf et caviar d’aubergine. Un délice ! Le tout arrosé par l’alcool local : la tchatcha !

Le lendemain, nous jetons un œil au barrage d’Ingouri avant d’arpenter les méandres de la rivière du même nom. Les gorges se transforment gentiment en gigantesque canyon avec son lot de falaises à-pic à couper le souffle. Quel spectacle !

La Svanétie à moto, nos péripéties dans les montagnes du Caucase

Mestia et ses tours svanes en pierre

En continuant notre chemin, nous pénétrons dans la région de la Svanétie. De curieuses tours carrées font leur apparition au cœur de ces paysages montagneux. À quoi servent-elles ? Ces ouvrages, endémiques à la région ont plusieurs usages. Leur rôle principal est défensif car les différentes vallées du coin avaient une sérieuse propension à se foutre sur la tronche. Ainsi, le dernier étage présente des meurtrières et des mâchicoulis. Le rez-de-chaussée, quant à lui, sert d’habitation avec de belles boiseries. Les étages intermédiaires sont utilisés à la fois comme demeure estivale ou comme grenier.

Mestia abrite nombre de ces tours notamment dans la vieille ville médiévale. C’est aussi une station de ski ainsi qu’un point de départ pour les randonneurs.

Après avoir dégusté une sorte d’aligot local, nous rencontrons un motard russe. Tout content de voir un Ural. Il nous offre le thé. On discute face à un paysage superbe. « Vous êtes fous de faire ça en Ural !! » Un Russe nous dit qu’on est taré ? On prend ça comme un compliment.
Un spot de bivouac inoubliable

Nous reprenons notre route à la recherche d’un endroit où planter la tente. Mais c’est sans compter sur Mapsme qui nous indique un « point de vue » à proximité. Curieux… Nous faisons un crochet. Une piste de terre, un village d’éleveurs, une petite église… puis soudain, un panorama à couper le souffle ! Nous contemplons un sommet enneigé accrocher les nuages et l’eau couler en contrebas au fond d’une vallée verdoyante. Somptueux ! Au passage, des veaux adoptent Gobi. Faut dire qu’il est bien pratique pour se gratter le cou !!

Notre lieu de bivouac pour la nuit ? Une prairie discrète cernée de sapins et accessible uniquement par une piste. Parfait ! Nous ne serons pas dérangés. Et du sommeil, on en a besoin car demain nous partons à l’assaut de la piste menant au plus haut village du Caucase : Ushguli et son sommet à 2600m d’altitude.

Un glissement de terrain, une bière et un Kachapouri !

Après seulement quelques kilomètres de piste, nous voilà face à un obstacle de taille : un glissement de terrain. C’est un pan entier de la falaise qui a décidé de s’allonger sur la route. La bonne nouvelle ? Les bulldozers sont déjà à l’ouvrage. On nous annonce deux heures d’attente. Qu’à cela ne tienne ! Demi-tour et nous voilà dans un petit bouiboui à Lalkhori.

Une heure, un Khatchapouri et une bière plus tard, nous voilà repartis. La route en construction laisse maintenant place à une piste rocailleuse. Aucun souci pour Gobi. Notre petit plaisir ? Doubler des gros SUV qui ont peur d’abîmer leur précieux joujou. À force de persévérance, nous voyons au loin se dessiner les tours en pierre de Murkmeli. Le cadre est fantastique. D’un côté des pans de montagnes recouverts de forêts verdoyantes, de l’autre un versant aride aux teintes jaunâtres.

Ushguli, une pépite minérale

Un peu plus loin, nous rallions Ushguli, plus haut village du Caucase. Et il faut bien avouer que c’est à couper le souffle ! Cette cité minérale perchée tout là-haut semble comme arrêtée dans le temps. Faut dire que 6 mois de l’année, la zone est entièrement recouverte de neige. Ils sont bien courageux les 200 habitants du coin. Quid du décor ? Des montagnes, évidemment, mais pas n’importe lesquelles ! Et oui, nous sommes presque au pied de Shkhara (5193m), le point culminant de Géorgie. Magnifique !

Un tractage d’anthologie

Nous redescendons rapidement de notre extase contemplative. Pourquoi ? Gobi fait son caprice. Plus ça va, plus il ratatouille. Aucun couple, aucune pêche, ni de patate, rien sauf cette délicate symphonie de pétarade. Même souci qu’en Turquie. Le fond du problème ? Notre mélange air/essence est beaucoup trop riche. Et on a beau jouer sur la vis de richesse, rien n’y fait. Le souci est ailleurs… les carburateurs sont encrassés. Bref… on pousse ! Avec la déclivité, chaque mètre est une victoire. Quelle distance jusqu’au sommet à 2600m d’altitude ? 5km. Bon, il faut se rendre à l’évidence, on ne peut pas continuer comme ça.

Deux options s’offrent à nous : trouver une âme charitable pour nous tracter ou bien faire demi-tour et trouver une route alternative. Sauf que ce crochet nous prendra 2 jours…

Dépités, nous amorçons notre demi-tour. C’est alors qu’une Lada Niva providentielle fait son apparition. « Une Lada tractant un Ural, ça serait génial, non ? ». Nous faisons de grands signes et la voiture s’arrête. « Ural problème ». Ils semblent à peine surpris. On noue la corde de remorquage et nous voilà partis. 5km à surveiller que la roue avant ne finisse pas dans le pare-choc arrière de la Lada. Faut dire qu’une corde d’1m50, ça laisse peu de marge.

Le moment le plus marquant ? Quand nous croisons un UAZ hors d’âge. Tu vois le tableau : un UAZ croisant une Lada tractant un Ural. Force est de constater qu’à cette altitude, la vaste majorité des véhicules utilitaires sont d’origine russe.

La beauté légendaire des monts du Caucase

Arrivés au sommet, la Lada s’arrête. Nous désattelons et proposons de l’argent pour dédommager. Ils refusent. Après une franche poignée de main, nous voilà à nouveau seuls.
Le spectacle est incroyable. Tout est démesurément grand, immense, infini. Nous nous efforçons de contempler au mieux ces décors pour photographier mentalement le Caucase. Toutefois on se dit qu’Usghuli, tout comme Lukomir, nous ne sommes pas prêts d’oublier ces kilomètres ponctués de galères.

La suite des opérations ? La descente se fait quasiment sans encombre malgré la caillasse. Passés sous les 1500m d’altitude, Gobi retrouve toute sa fougue. Il nous semble évident qu’un nettoyage de carbus s’impose au plus vite. Rincés, vidés, crevés, on s’offre le luxe de dormir en guesthouse. Que c’est bon de faire la grasse mat’ !

Une bonne tartine de virolos à la sauce géorgienne

Le lendemain, le petit-déjeuner se compose exclusivement de bières. Nous, alcooliques ? Pas tout à fait ! Il se trouve que nous rencontrons Badry, un ami de Laurie, qui nous aide beaucoup pour notre itinéraire en Géorgie. Alors forcément, quand on a une connaissance en commun aussi loin, bah, on prend l’apéro. Même si c’est le matin.

La suite des opérations est géniale. Nous arpentons les méandres des rivières Tskhenistskali puis Rioni. Les virolos s’enchaînent avec leur lot de panoramas sur les cours d’eau en contrebas. Splendide ! Comment clôturer merveilleusement cette journée ? Avec le combo gagnant : bivouac en bord du lac de Shaori, musique et Khatchapouri. Nous ne sommes pas à plaindre.

Ce premier article sur notre aventure géorgienne touche à sa fin. Ce que nous retiendrons de ces premiers tours de roue ? Les majestueux monts du Caucase et notre immersion dans une famille géorgienne nous offrant un aperçu de la riche culture de ce pays. N’ayant gratté que la surface, nous sommes impatients d’en apprendre davantage ! Bonne route à toi !
>> Lire la suite de nos aventures géorgiennes jusqu’aux cols du Caucase (vallée du Truso, Abano pass et Touchétie)

4 commentaires sur “Voyage à moto en Géorgie, jusqu’aux cols du Caucase (1/4)”

  1. Salut
    Nous avons discuté brievement au camping pour « hippies sans ecu  » .Nous voyagons en vw T4 syncro blanc long .Un de nos meilleur souvenir est la route pour Mestia et ensuite Ouchgouli et la route jusqu a koutassi.Nous n avons pas pris la route d Omalo avec regret ;nous étions déja fin Octobre . Notre autre coup de coeur c est le parc naturel de Vaschlovenie ou notre T4 a pu exprimé tout son potentiel pour notre tres grand plaisir . Je lis avec plaisir vos perigrinisations et vous souhaite bonne et heureuse continuation .
    Philippe et Marleine .

    1. Salut Philippe et Marleine !
      On se souvient bien de vous 🙂
      La région de Svanétie avec la piste d’Ouchgouli reste aussi pour nous un grand moment !
      Et nous ne sommes pas prêts d’oublier le parc naturel de Vashlovanie, pour de belles et moins bonnes raisons 😉 (d’ailleurs ça fera l’objet d’un article). C’est vraiment un plaisir de découvrir la Géorgie qui est un pays étonnant !
      Bonne route !
      Marion et Jérémy

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