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Road-trip à moto au Kosovo

Il y a des régions du monde qui font rêver et d’autres qui rebutent. Préjugés ? Guerre récente ? Bref, le Kosovo se classe facilement dans la seconde catégorie. Mais alors qu’en est-il ? Et bien, nous avons rarement rencontré des gens aussi accueillants et généreux. Les kosovars sont souriants, avenants et profitent de la vie. Tu ajoutes à ça pléthores de parcs nationaux, de montagnes, de forêts, d’incroyables routes à virolos, et tu obtiens un pays fantastique pour tous motosapiens en quête de verdure. Dans cet article, nous te racontons notre immersion joyeuse et motarde au Kosovo. Bonne lecture !

Itinéraire de notre road-trip moto au Kosovo

Carte de notre Road-trip moto au Kosovo - URALISTAN

Conduire au Kosovo ou info à savoir

État des route et conduite locale

Rien à signaler en particulier sur la conduite des locaux à part que le code de la route est soumis à interprétation (comme dans tous les Balkans). Les routes principales sont plutôt en bon état tandis que le réseau secondaire n’est pas toujours bitumé.

Il faut contracter une assurance moto locale

La carte verte ne couvre pas le Kosovo. Il faut contracter une assurance locale. Un bureau se situe juste avant le poste frontière. Nous avons payé 10€ pour 15 jours.

La Serbie ne reconnaît pas le Kosovo

Il est facile d’aller au Kosovo depuis la Serbie. Par contre entrer en Serbie en venant du Kosovo n’est pas possible. Le tampon kosovar sur votre passeport vous bloquera l’entrée !

Nos premiers tours de roue au Kosovo

Un passage de frontière dont on se souviendra

Entrer dans un pays n’a jamais été aussi détendu. Pourquoi ? Les douaniers tout sourire viennent à notre rencontre. Nous sommes à l’opposé des policiers habituels aux visages fermés (pour ne pas dire qu’ils font la g****). A la fois amusés et intrigués, ils font le tour de l’Ural en nous posant des questions sur son histoire, sur le confort de la selle, etc… Le comble ? L’un d’eux, motard, conduit le side-car sur 10 mètres. Il est aux anges.

Un petit détour par la cascade

Nous nous rendons ensuite à la cascade de White Drin, une chute d’eau dans un cadre montagneux. On assiste alors à une scène étonnante. Un groupe d’étudiants en visite, forme spontanément un cercle pour danser en mode gavotte bretonne sur le tube du moment. Génial !!
Le second moment marrant ? Nous discutons un peu par Google translate interposé avec le tenancier. Il comprend que nous sommes français et revient 5mn plus tard pour nous passer son téléphone avec au bout du fil son frère installé à Strasbourg. Génial !! Si tous les Kosovars sont comme ça, on ne va pas s’ennuyer !

Le canyon de Rugova, une pure merveille de la nature

Voici notre première fracture de la rétine !! Alors de quoi s’agit-il ? Une somptueuse route en corniche creusée dans les falaises. Elle ondule en suivant les méandres de la rivière Bistreca. Vertigineux ! Et puis, avec ses arches de pierre, ses points de vue à couper le souffle et ses virolos en abondance, c’est juste un régal. Dans nos têtes flottent les doux souvenirs de nos aventures dans les gorges du Tarn.

Peć, une ville à l’ambiance orientale

Nous passons une demi-journée à Peć (prononciation incertaine). Ce qu’on aime ici ? L’atmosphère générale, il y fait bon vivre. C’est notamment le cas dans le quartier du vieux bazar où les locaux ne semblent pas pressés. Ils prennent le temps, discutent et enchaînent les thés dans les troquets.

Des lieux de culte orthodoxes serbes absolument magnifiques

Les monastères de Peć et Visoki Dečani

La première approche de ce haut lieu de culte orthodoxe est atypique : hauts murs barbelés, barrière, postes de l’armée, présentation de nos passeports à deux policiers à l’entrée. Étonnant… Une fois dans l’enceinte, nous découvrons un lieu paisible et magique habité par des sœurs et des prêtres. L’entretien des jardins et potagers est parfait, un petit canal traverse le monastère et plusieurs édifices occupent les lieux. Les logements, mais aussi une superbe bâtisse colorée. À l’intérieur ? Nous découvrons que ce sont 3 églises accolées, plutôt intriguant. Les fresques, dont le fond est d’un bleu marine intense, sont splendides. La fumée d’encens traversée par quelques rayons du soleil ajoute un caractère carrément mystique !

Nous poursuivons avec le monastère de Visoki Dečani. Chicanes d’accès, check-point, véhicules blindés, contrôle des passeports par des militaires de la Kfor… c’est impressionnant ! À l’intérieur de l’enceinte, l’atmosphère pieuse et sereine est en total contraste avec l’extérieur. Nous retrouvons le jardin, le bâtiment des habitations et au centre une église magistrale. Ses murs sont constitués d’une alternance de marbre blanc et de grès jaune. Sublime ! Et dedans ? Et bien, croyant ou pas, il faut bien avouer que les fresques sont magnifiques.

Pourquoi autant de précautions ? Un peu d’histoire…

Que justifie la présence de militaires sur les sites orthodoxes serbes ? Et bien, ces lieux sont menacés par les ultranationalistes albanais kosovars. Depuis Juin 1999, ils ont vandalisé, incendié ou profané 150 sites. Leur objectif ? Effacer toute trace de présence serbe dans la province. Mais pourquoi tant de haine ? Pour te situer un peu, le Kosovo est peuplé à 92% d’albanais et est à 97% musulman. Le culte orthodoxe serbe est donc très minoritaire.

La situation est très compliquée. Les Serbes considèrent le Kosovo comme étant le berceau de la culture serbe au XIème. Les Albanais disent qu’ils occupaient déjà le territoire avant l’arrivée de l’empire ottomans. 10 siècles de péripéties historiques ont vu la population serbe se réduire. Au XVème siècle, les ottomans musulmans arrivent et mettent dehors les Serbes chrétiens orthodoxes.
Durant la Seconde Guerre Mondiale, le Kosovo est rattaché à l’Albanie sous occupation italienne. Rebelote : »Les serbes qui sont restés, dehors ! »
1945 rime avec régime communiste yougoslave. Les Serbes sont alors interdits de revenir au Kosovo. Puis la guerre éclate avec la chute de la Yougoslavie dans les années 90.

Au passage, durant ces différentes occupations, ce peuple a été persécuté, si bien que plus de 200 000 serbes fuient. Qui pour les remplacer ? 300 000 albanais.
D’un côté, les Kosovars albanais vivent ici depuis plusieurs générations, et de l’autre les Serbes pensent que le berceau de leur civilisation leur a été volé. Pas besoin d’être expert en géopolitique pour comprendre que l’issue de cette situation tendue est assez sombre.

La générosité kosovare

Un rakja en famille

En sortant de la ville, Jérémy se met en tête de trouver du fromage local pour se faire un bon gueuleton le soir. Nous tombons sur un panneau indiquant des œufs de poule. Ça n’a rien à voir mais on tente le coup : « Do you sell cheese ? » Il ne parle pas un mot d’Anglais… son fils bilingue arrive à la rescousse.
« We don’t have cheese, sorry. You want coffee ? Or alcohol ? ». On ne peut pas refuser un coup de rakja. Nous passons alors un excellent moment avec cette famille très sympa. Au passage, Jérémy emmène un des ados passionné de moto, faire un tour en Ural. Nous repartons avec du fromage (de leur frigo perso) et des œufs. « Combien on vous doit ? » Rien. MERCI !!!

Le soir, nous bivouaquons en bord de rivière. Nous rencontrons un père et son fils qui pêchent à la truite. Et c’est tout naturellement qu’ils proposent de nous en offrir. Décidément, les Kosovars sont d’une générosité à toute épreuve.
Les chiens errants, aussi nombreux qu’inoffensifs
La première chose que l’on remarque au Kosovo : les chiens errants. C’est vrai, dès qu’on approche de lieux civilisés, on les aperçoit ici et là. Faut-il s’inquiéter ? Non, ce ne sont pas des molosses de 80kg, et puis surtout, ils ne sont pas agressifs pour un sou. Ils sont même plutôt très câlins !

Kosovo, un petit pays à la géologie surprenante

Le Kosovo est une cuvette géante

Voilà, c’est dit. Formulé autrement, c’est une vaste plaine entourée de montagnes. Fait remarquable ? Par endroit, il n’y a pas de transition. C’est binaire, soit c’est absolument plat, soit c’est montagneux quasi-vertical.
Ce qu’on adore avec ce relief particulier ? Et bien, en étant au centre du pays, on en distingue facilement les contours. Et ouais, cette cuvette ne fait que 150km de diamètre. Tu as vu le film « the Truman Show » ? C’est pareil ici. On a l’impression d’apercevoir les limites du décor. Génial !!

Des lacs et des parcs naturels

Nous faisons halte au mémorial de Beteja e Koshares. Commémorant les morts d’une bataille durant la guerre du Kosovo, il a surtout l’avantage d’offrir un point de vue génial sur la grande plaine aux pieds des montagnes.

Prochaine étape : Radonjić Lake. Un sublime lac artificiel blotti dans les montagnes. Tu veux une anecdote ? Et bien avant sa mise en eau, il y avait ici un village. Quand le niveau de l’eau est très bas, la pointe du clocher de l’église sort la tête !

Nous mettons cap au sud direction le parc national de Šar, ou Sharr. L’objectif ? Respirer à pleins poumons, en prendre plein les yeux et se dégoter un super spot pour bivouaquer. Mission accomplie ! Les montagnes recouvertes de sapins sont somptueuses. Pour le dodo ? Nous dénichons un coin de verdure où poser la tente à côté d’une petite rivière. Parfait !! Tiens, pour info, nous campons près de Restelica, situé sur une bande de terre kosovare de 10km de large. Tu te rends compte ? A l’ouest, c’est l’Albanie et à l’est, la Macédoine du Nord.

Prizren et Pristina, les deux villes principales

Nous voici à notre coup de coeur kosovar : Prizren

De quoi parle t’on exactement ? Prizren est la 2ème plus grande ville du pays et aussi sa capitale culturelle. On adore les mosquées, les ponts en pierres, les ruelles pavées sans oublier l’imposante forteresse. Ce qu’on a vraiment aimé ? Toute l’agitation de cette ville. Vivante, jeune et dynamique !! On y est pressé de vivre et de profiter. Cette effervescence est absolument réjouissante !

Pristina, une capitale à l’architecture étonnante…

Nous traversons une vaste plaine durant une 40aine de kilomètres en direction de la capitale. La route à 6 voies est démesurément large et bordée de chaque côté de vendeurs d’automobiles, de pièces détachées et de garages. On se sent alors téléportés aux USA mais à la sauce soviétique.

Nous voilà arrivés à Pristina. Alors, qu’en pense t-on ? Umh, disons que y a du bon et du moins bon. On retrouve avec plaisir l’agitation d’une grande ville et son offre pléthorique de bars, restos, etc… Ce qui nous plaît le plus ? Les ambiances propres à chaque quartier : les grands buildings de la « city », le centre moderne avec son boulevard piéton et le quartier historique avec ses mosquées, son vieux marché et son atmosphère si particulière.

Ce qu’on aime moins ? Soyons honnête, Pristina est une ville plutôt moche. Elle est très orientée voiture avec des axes de circulation énormes.

Un dernier petit tour et puis s'en vont

Monastère orthodoxe serbe de Gračanica

Cette fois pas de barbelés, ni de patrouille armée. Nous entrons dans l’enceinte et visitons l’église. Les fresques sont sublimes à l’images des autres monastères chrétiens orthodoxes du pays. Un baptême a lieu alors nous devons attendre avant d’accéder au coeur de l’église. Le maître du lieu nous explique alors pourquoi la situation est tendue entre serbes et kosovars albanais.

Un bivouac tout sauf tranquille

Après la visite du monastère, nous nous posons pépère au bord d’un lac. Le cadre est idéal, nous contemplons le ballet des poules d’eau et faisons connaissance avec nos voisins pêcheurs. Deux ou trois pluies d’orage assez violente viennent perturber l’après-midi, mais ça va.

A ton avis, quelle est la bonne heure pour pêcher ? Et bien, à notre grande surprise, les kosovars se font des parties en nocturne… Résultat, de 22h à 5h, notre nuit fut rythmée par les lancés de canne à pêche et la musique orientale. Bon, bah, autant te dire que Morphée a oublié de nous rendre visite.

Une abondance pléthorique de virolos pour finir

Nous nous remettons en selle et optons pour les petites routes traversant le Nord et l’Est. Mitrovica, lacs Gazivoda et Batllava,… Nous découvrons alors de superbes « départementales » qui ondulent méchamment entre sommets montagneux et fond de vallée. C’est surprenant mais l’état du réseau secondaire est vraiment bon. Quel pied ! Puis après un passage par le château de Tvrdava Novo Brdo, fermé pour cause de rénovation, nous faisons halte à Gjilane. Prochaine destination ? La Macédoine du nord.

Et voilà, notre road trip moto au Kosovo touche à sa fin. Notre avis ? Nous avons adoré ses forêts, ses parcs naturels montagneux et ses lacs. Un vrai paradis pour rouler et bivouaquer ! Mais ce sont surtout les rencontres avec les habitants souriants et chaleureux, qui nous ont marquées.
Si ton planning est serré, il est indispensables de visiter Prizren et de jeter un œil à un ou deux monastères orthodoxes serbes. Bonne route !! 
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2 commentaires sur “Road-trip à moto au Kosovo”

  1. salut vous deux,
    content d’avoir des nouvelles de votre périple dans les contrées du grand est.
    Apparemment tout se passe bien et vous profitez un max.
    Continuez à nous faire envie.
    Bonne routes.
    Eric.

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