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Road-trip en side-car Ural au Kazakhstan (1/2)

    Tout ce que nous connaissions du Kazakhstan était lié à l’immensité des paysages. C’est vrai, finalement assez peu d’images nous viennent en tête lorsqu’on l’évoque. C’est un pays mystérieux voire inconnu. Bref, nous étions curieux et impatients de l’explorer.
    Alors ? Nos premières impressions ? Nous y avons trouvé tellement de belles choses. Bien sûr, les vastes paysages à priori vides ont ravi notre goût des grands espaces, nos bivouacs y sont sereins et sublimes, et surtout, les kazakhes font preuve d’une bienveillance enthousiaste. Même si parfois les journées sont longues, une certaine affection nous lie maintenant à ce territoire et à ses habitants. Dans cet article, nous te racontons la première partie de notre traversée Ouest-Est kazakhe de plus de 4100 km en side-car Ural. Bonne lecture !

    Itinéraire de notre voyage moto au Kazakhstan

    Conduire au Kazakhstan ou info à savoir

    Assurance du véhicule

    Il est obligatoire de souscrire une assurance locale qui vous couvre au-tiers. Nous l’avons contracté dans une petite guérite juste après le poste frontière. Tout s’est fait facilement. Des routiers turcs nous ont même aidé à faire la traduction. Le prix ? 9518 TENGUES soit une vingtaine d’euros pour un mois.

    Conduite locale

    Globalement, le kazakh est plutôt respectueux et courtois. Aucune conduite dangereuse à signaler. Il faut ajouter que la circulation est peu dense. A chacun de nos arrêts en bord de route, des automobilistes s’arrêtent pour s’assurer que tout va bien pour nous. Notre Ural y est peut-être pour quelque chose, mais il semble qu’il y ait une vraie solidarité dans l’immensité des steppes. Évidemment, c’est une autre paire de manches dans les agglomérations où l’on retrouve des comportements presque parisiens.

    Réseau routier

    Il semblerait que le gouvernement ait mis les grands moyens durant le covid pour rénover ses axes principaux. En effet, sur les routes que nous avons emprunté, l’asphalte était en assez bon état voire très bon. Seule section galère ? Depuis la frontière russe jusqu’à Atyraou. Actuellement en rénovation, on alterne entre bitume tout neuf et piste de caillasse ravinée au possible. Dès que l’on quitte les grands axes, l’asphalte laisse rapidement place aux pistes. Dans le peu de villes que nous avons traversé, c’est tout de suite plus aléatoire. Voies en construction, patchwork de nids de poules et goudrons récents cohabitent.

    Qualité de l’essence
    Rien à dire. Le sp95 était impeccable.
    Boire ou conduire ?
    Tolérance zéro quant à l’alcool au volant.

    Un passage de frontière couronné de succès pour l'Ural. Des chameaux !!

    Un passage de frontière détendu et sympathique

    Après un transit expéditif de 3 jours en Russie, nous voici devant le poste frontière kazakh. 12h36, c’est la pause déjeuner. La poisse ! Le flot de voiture est au ralenti. Dans la file d’attente, nous rencontrons des ouzbeks, des turcs et des azerbaïdjanais. Ce qui nous fait rire ? Les regards médusés lorsque nous annonçons notre itinéraire. Les gens peinent à croire que nous roulons depuis la France avec cette bécane. 14h40. Deux heures se sont écoulées. Nous atteignons enfin le premier guichet. L’ambiance est carrément détendue. Une brève inspection d’un sac suivie d’un « roulez jeunesse » de la main.

    Exit la Russie. La suite ? Hilarante. Le douanier kazakh, qui parle étonnement bien anglais, est très enjoué par notre aventure. Le contrôle des bagages se résume à un rapide coup d’œil à l’intérieur du top-case. Puis, il prend le temps de nous écrire le lexique de survie en Kazakh. « Bonjour, merci, au revoir », il note tout sur notre téléphone. Il nous fait même travailler le R rouler de Rharmet (merci). Le comble ? Il nous offre un snickers. Génial !

    Le capital sympathie Ural à son paroxysme (et puis ça se voit sur nos tronches que nous ne sommes pas du coin)

    Une fois en terres kazakhes, Gobi est la star. Les selfies s’enchaînent. À peine le temps de contracter l’assurance pour la bécane qu’une dizaine de personnes se sont groupées autour du trois-pattes. Ça disserte en turc, en ouzbek et en kazakh. Certains mots semblent universels comme carbu et cardan.

    Nous reprenons enfin la route. Les paysages ? Désertiques. Peuplés de vaches, chevaux et moutons en liberté. Magnifique ! Nos congénères bipèdes ne courent pas les rues. Ici et là, nous apercevons des villages aux maisons en terre. Et enfin… le moment tant attendu arrive. La rencontre du troisième type à une ou deux bosses. Vois-tu de quoi nous parlons ? Des chameaux pardi ! Nous dérangeons un troupeau alors qu’ils ruminent tranquillement. Qu’est-ce-que c’est costaud comme bête ! Le camélidé, tu n’as pas envie de le taquiner, avec ses cuisseaux dignes de bodybuildeur stéroïdé.

    En "route" vers Peptropavl au nord du Pays pour rejoindre l'usine Ural

    De Qur Manğazı à Atyraou, un calvaire routier

    Le programme aujourd’hui ? Rallier la ville d’Atyraou. Sur le papier, les 250 bornes ne nous font pas peur. Sauf que la route est partiellement en construction… Les 100 premiers kilomètres permettent de constater l’état avant rénovation : une cata ! Cette caillasse nous bringuebale dans tous les sens. Pour exprimer son mécontentement, Gobi nous joue une délicate cacophonie de cliquetis et de bruits indéterminés. L’astuce pour éviter ce supplice ? Emprunter les pistes dans les dunes. Parallèles à la route, elles ont l’avantage d’être beaucoup plus douces car recouvertes de sable. On prend même du plaisir à s’imaginer en étape du Dakar !