Comment faire l’entretien et la maintenance de son sidecar Ural lors d’un road trip ?

Qui veut aller loin ménage sa monture. Plutôt intemporel comme adage, non ? Il prend tout son sens quand la monture en question est un side car Ural. La bête soviétique est robuste comme un ours de Sibérie, mais requiert quand même un peu d’attention 🙂
Dans cet article, nous allons voir comment prendre soin de cette machine russe lors d’un voyage. Que vérifier le matin avant de partir ? Quels points inspecter après une session tout-terrain ? Comment lui parler gentiment pour ne pas la brusquer ? Toutes les réponses sont dans cet article.
Bonne lecture à tous et n’oubliez pas : un bon Ural est un Ural bien gras !
Révison hebdomadaire, faire l'entretien de son sidecar Ural

Quelques conseils et précisions

Pourquoi faire un article sur comment maintenir un Ural ?

Il suffit de suivre les préconisations constructeur, non ? La réponse est oui pour une utilisation type « balade du dimanche ». Mais cet article évoque un autre contexte. Celui d’une utilisation quotidienne et intensive lors d’un voyage au long cours comme par exemple notre future boucle France-Mongolie de 35 000 bornes.

Le scénario où l’on se retrouve en rade au milieu des steppes mongoles ne nous tente pas trop. C’est pourquoi, nous avons déjà rédigé un article sur « comment bien préparer son Ural avant un road trip ». Assez logiquement, nous abordons le sujet suivant « comment bien entretenir sur URAL pendant un road trip ». Et qui sait ? Peut-être rédigera-on un article « comment bien réparer son URAL après s’être mis à l’envers pendant un road trip » ? Je ne l’espère pas.

L’objectif n’est pas de passer son temps à bidouiller son Ural mais bien de de vérifier le minimum pour éviter les soucis. Car à trop en faire, il est probable que l’on provoque la casse !

Vérifier les traces d'huile moteur, faire l'entretien de son sidecar Ural
©www.imz-ural.com

Quelle inspection hebdomadaire dois-je faire ?

Les pilotes d’avion ont l’habitude de faire une visite pré-vol avant chaque décollage. Bon, après, les risques d’avoir un coucou mal entretenu ne sont pas les mêmes qu’un ural qui manque d’huile, non ?

C’est pourquoi, on va se contenter d’une inspection visuelle hebdomadaire sans mettre les mains dans le cambouis. Juste vérifier.

L’idée est de faire le tour de l’Ural, dans le sens anti-horaire en commençant par la roue avant.

Pourquoi tant de rigueur me direz-vous ? Pour être sûr de ne rien zapper. Un peu comme l’inspection qu’on vous a conseillé lors de l’achat d’un Ural d’occasion.

Niveau huile moteur, , faire l'entretien de son sidecar Ural
©www.imz-ural.com

On commence donc par la roue avant en vérifiant l’usure et la pression du pneu, l’état des rayons, d’éventuelles fissures sur la jante, l’usure du système de freinage, on secoue la roue pour tester le roulement et enfin on regarde qu’il n’y ait pas de fuite sur les suspensions.

Ensuite, on passe au guidon en testant toutes les commandes électriques et en vérifiant le niveau de liquide de frein avant. Direction le moteur pour vérifier niveau d’huile moteur, de boite, et inspecter qu’il n’y ait pas de trace d’huile. Si vous en avez déjà sur les mains, c’est qu’il y a un souci ! Pensez aussi à vérifier l’état du flector et le niveau de liquide de frein arrière.

Croisillon, faire l'entretien de son sidecar Ural
©www.imz-ural.com
Huile de pont, faire l'entretien de son sidecar Ural
©www.imz-ural.com

C’est au tour de la roue arrière. Vérification de l’état du pneu, du système de freinage, des amortisseurs, de la jante, des rayons et du roulement de roue. On regarde aussi le niveau d’huile de pont. Tant que vous y êtes jetez un oeil au graissage des croisillons (côté pont et côté panier) ! Vous avez déjà oublié ? Un bon Ural est un Ural bien gras 😊 On passe à la roue du panier avec l’état du pneu, du système de freinage, du niveau de liquide de frein, des amortisseurs, de la jante, des rayons et du roulement de roue.

Petit point particulier pour le tout terrain. Toujours vérifier l’état des graissages des croisillons après s’être amusé dans l’eau ou la boue.

Voilà pour la visite hebdo. Ça doit prendre 15 minutes environ. Correct, non ? Et ça vous évite bien des soucis sans même avoir à sortir les outils !

Comment faire la grosse révision des 2500 bornes ?

Là, ça ne rigole plus. On va parler vidange, filtre, visserie, jeux aux soupapes, etc…

Première question : pourquoi faire cette révision à 2500 bornes alors qu’Ural préconise 5000 kilomètres ? Parce changer de l’huile coûte moins cher que changer un moteur.

Cette révision est à combiner avec l’inspection hebdomadaire ! Par exemple, Ural préconise dans sa révision des 5000 km  de vérifier les pneus. Je ne vais pas en parler après, car c’est déjà un point de contrôle de la petite visite.

Voici donc la liste exhaustive des points de contrôle :
  • Remplacement huile moteur et changement de filtre
  • Remplacement huile de boîte
  • Remplacement huile de pont
  • Remplacement filtre à air
  • Vérification et correction des jeux aux soupapes
  • Renouvellement des bougies
  • Renouvellement du filtre à essence
Changement filtre à air, faire l'entretien de son sidecar Ural
©www.imz-ural.com
Réglage jeux aux soupapes, faire l'entretien de son sidecar Ural
©www.imz-ural.com
Vérification :
  • Synchronisation des carburateurs
  • Colonne de direction et roulement de fourche
  • Alignement du side-car (pincement et chasse)
  • Tous les raccords électriques
  • Etat de la batterie et de ses connexions
  • Visserie et serrages (têtes de cylindre, colliers de durites, etc…)
  • État des câbles (frein, embrayage, accélérateur, compte-tour)
  • Roulement des bras oscillants roue arrière et panier
  • Châssis (soudures, aspects, craquelures, etc…)
Graissage
  • Pédale de frein
  • Crapodine de réception du frein side
  • Frein parking
  • Cannelures du pont
Canelures du pont, faire l'entretien de son sidecar Ural
©www.imz-ural.com

Je ne sais pas pour vous, mais pour une révision complète, c’est pas très compliqué, non ?  C’est aussi ça le charme de l’Ural. Une conception simple sans chichi. Pas de système de refroidissement, pas d’ordinateur embarqué, pas de mode de conduite, pas de suspension intelligente, etc…

Quelles huiles moteur, boite et pont utiliser pour un sidecar ural ?

Qui de la poule ou de l’œuf est arrivé en premier ? Est-ce qu’une vie extraterrestre existe ? Quelle huile moteur pour mon Ural ? Voilà quelques interrogations existentielles qui taraudent l’esprit de l’homme depuis des générations. Et le moins, que l’on puisse dire, c’est les passions se sont déchaînées autour de cette question. Il n’y a qu’à voir les forums dest-motorcyles et d’Ural france à ce sujet 🙂

Pourquoi autant d’embrasement à ce propos ? Pourquoi ne pas y mettre de la bonne vieille huile de friture ?

Première chose à savoir : Les moteurs Ural chauffent beaucoup.

Ceci est dû au refroidissement à air peu efficace, conséquence de la finesse des ailettes des cylindres.

De plus, le bon fonctionnement du moteur suppose une température d’huile entre 80 et 100°C. Pourquoi donc ? Car certaines parties hautes sont lubrifiées par les « vapeurs » d’huile. Mais paradoxalement, à haute température, l’huile perd ses capacités lubrifiantes. C’est pourquoi on va opter pour de la 20w50 qui tiendra mieux à chaud que de la 10w40. Évidemment, si vous comptez rouler en Sibérie par -30, c’est une autre histoire…

20w50, ok.. Mais minérale ou synthèse ? la réponse est semi-Synthèse, parce que les autres huiles vont bouffer certaines bagues bronzes qui subsistent dans le moteur.

Ok pour le moteur. Maintenant quelle huile utiliser pour la boite et le pont ?

Il est conseillé d’opter pour l’huile de la Gramo B 85W140 qui contient du sulfure de Molybdène. Les boite Ural sont de conception rustique et l’additif contenu dans la Gramo B augmente sa durée de vie, idem pour le pont. Et quand on sait qu’il n’y a que 100ml d’huile dans le pont, il y a tout intérêt à en mettre de la bonne, non ?

Pourquoi prendre autant de précautions ?

Mais pourquoi la bête soviétique n’est-elle pas costaude comme un ours de Sibérie dans la force de l’âge ? Il faut savoir qu’à l’origine les Ural ont été conçus pour l’armée.  Ils n’avaient donc pas besoin d’une durée de vie extraordinaire. L’usage a depuis bien évolué, pour devenir récréatif ou pour les longs voyages, sans que la qualité des aciers ne suivent. Voilà pourquoi il faut être aux petits soins avec le trois pattes russe.

Voilà, on espère que cet article pourra vous aider si comme nous vous souhaitez vous embarquer dans une aventure au long terme. Il est évident que pour une utilisation purement dominicale, tout cela est superflu.
>> Petit rappel de notre projet : une boucle France – Mongolie de 35 000km, par les pistes et en couple.
Beau programme, non ? Autant dire qu’on sera attentif à l’état de santé de notre Ural. Bon voyage et bonne route à tous !

3 commentaires sur “Comment faire l’entretien et la maintenance de son sidecar Ural lors d’un road trip ?”

  1. Bonjour.
    Pareil niveau et de telles fréquences d’entretien sont juste ingérables et inacceptables ! Ural serait bien inspiré (en lieu et place de coloris ou autres accessoires) de revoir de fond en comble ses moteurs avec, comme quasiment toute autre machine, une fréquence de révision environ tous les 10000 km (ce que Triumph par exemple peut faire, alors Ural le peut également), revoir la qualité de ses aciers et visseries, car cela rouille à outrance et avec un modèle d’entrée de gamme avoisinant les 15000 €, on se moque littéralement du monde, et ce, en dépit de l’aura et de l’historique dont bénéficie la marque (qui en joue à outrance et en abuse éhontément, mais désormais, cela ne suffira plus). Ural considère le marché -prometteur et lucratif- du side comme son pré-carré, aussi, la concurrence doit impérativement s’engouffrer dans ce créneau porteur avec des machines fiables, durables, performantes (fin des moteurs poussifs sortant à peine 40 ch !), abordables et aux fréquences d’entretien beaucoup plus espacées. le constructeur chinois Chang Jiang l’a parfaitement compris avec la sortie de son « néo-rétro » Pékin Express, animé par un 650cc refroidi par eau (adieu surchauffes récurrentes !), performant (71 ch), moderne (feux led, écrans lcd) et abordable avec moins de 12000 €. Alors me direz-vous non sans raison, quid du cardan, du 2WD et de la marche arrière ? Sources de problèmes potentiels avec complications techniques à la clef. A moins de faire du « off road » régulièrement, aucun intérêt d’autant plus qu’une fois le crabot enclenché, les Ural deviennent inconduisibles et tirent tout droit. Ce 2WD relève par conséquent du gadget pour bobos ou aventuriers à la petite semaine, cardan bruyant avec une horrible boîte (4 !) bruyante, dure et imprécise. quant à la marche arrière, deux ronds de bon sens et d’anticipation devraient suffire pour utiliser le nouveau CJ sans problème majeur.
    Ural, réveillez-vous, produisez des machines véritablement viables et abordables, moins lourdes, plus « performantes », et meilleure qualité.

  2. Bonsoir Makhno, As-tu déjà piloté un Ural ? As-tu déjà roulé sur la glace ou dans 25 cm de poudreuse ? As-tu déjà roulé dans la boue en TT ? Je ne le pense pas. Chaque année, je participe au Rallye des Cols Blancs et je me souviens d’une année très neigeuse où seuls les trois Ural à 2WD sont parvenus au col du Semnoz, dans la nuit du vendredi, après le traditionnel moules frites. Mais il faut savoir à quoi sert la seconde roue motrice et aussi savoir comment et quand s’en servir. Connais-tu beaucoup d’engins capables de supporter moins 50° Celsius jusqu’à plus 50° Celsius ? Le refroidissement par air n’y est sans doute pas étranger avec les jeux de fonctionnements importants qui vont avec mais qui ont l’inconvénient de dégrader l’huile plus rapidement. On achète un Ural parce qu’on veut un Ural. J’ai toujours refusé de rouler en side-car, même quand ma fille était petite. C’est quand elle fut autonome que j’en ai acheté un : le jour où j’ai découvert cet engin sur une revue, je suis allé illico à St Rémy de Provence pour un stage de conduite et j’en suis tombé amoureux (de l’engin, pas de Sarah). La semaine d’après, j’allais cherché mon Gobi d’occasion, à Menton. Ça fait des années et je l’aime toujours autant, avec ses défauts et ses qualités. Sa vitesse de croisière est 80 km/h. What else ? Bien suffisante pour rouler nez au vent et profiter du paysage. J’ai aussi une BMW R1250R et une Caterham 275 R et là, il n’y a que ma femme qui profite du paysage car moi, j’ai les yeux rivés sur la route. Bref, l’Ural est un engin passion et pas rationnel du tout. Pour les cartésiens, il y a la Béhème R1250GS attelée par DJ Side-cars. Elle a toutes les qualités mais n’aura jamais la gueule d’enfer d’un Ural. Quant à la production chinoise, renseigne toi bien à propos de sa fiabilité (il n’y a qu’à mettre un Ural d’occasion en vente en face d’un Chang Jiang, on comprend tout de suite où est l’erreur). de belles images en cliquant sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=uN2qzv2HsaU. et aussi : https://www.youtube.com/watch?v=Tw2SOzuxabM

    1. Bonjour Camus,
      …et oui, j’ai déjà roulé en Ural, un Ranger « Wjuga » (une série limitée « camo ») à carbus de 2009, et non, je ne vois pas l’intérêt de rouler dans la boue ou dans une poudreuse de 25cm…je veux juste rouler. Autrement dit et à l’instar de bien des marques dignes de ce nom, pouvoir effectuer quelques milliers de km sans avoir à vérifier tout ou quasi, tous les 3000, voire tous les 2500 km. Cela relève-t-il de l’utopie ?! Cette 2me roue motrice n’est valable et recevable que lorsque on est russe, lapon, balte ou encore finlandais et l’on conçoit ces machines comme des utilitaires ou de véritables bêtes de somme. Le reste n’est que branlette intellectuelle lorsqu’on vit sous nos latitudes, ou un jouet flatteur pour bobos fortunés en mal d’aventures, n’y voyez là évidemment aucune attaque ad hominem. Même si j’ai été ennuyé au possible en dépit d’un entretien scrupuleux, maniaque pourrais-je ajouter, cette machine ne m’a causé que des soucis, qu’ils soient d’ordre mécaniques (vilebrequin, bielles, soupapes, etc) ou « périphériques » (rouille, conception antédiluvienne et en dépit de tou bon sens). Machines hors de prix, pas fiables elles vous emmènent au bout du monde à condition de les démonter tous les 2500 km et de vérifier tous les serrages et autres), lourdes, poussives, mal conçues, mal finies, matériaux de mauvaise qualité (malgré nouveaux freins, carbus et allumage pour les machines avant 2015), une boîte aussi dure qu’imprécise, lente et désagréable….le tout pour un modèle d’entrée de gamme aux environs de 16000 € !!! S’en satisfaire relève du masochisme absolu ou de la reptation larvaire devant une marque qui fit sa réputation sur des faits historiques. Tombé amoureux (accro) de cette conduite atypique et pour le moins singulière, j’entends bien reprendre un side…mais un CJ 650 Pékin Express cette fois-ci. Avec un moteur éprouvé et fiable (le 650 bicylindre kawa à refroidissement liquide), qui ne chauffe pas, avec 71cv (un minimum pour trimballer 3 quintaux et demi), pour un tarif équivalent peu ou prou à 12000 €. Si l’on exclut la marche arrière, qu’est-ce qui pourrait justifier un tel écart de prix (4000 € !) entre le Ural ct d’entrée de gamme (1wd + MA) et ce nouveau CJ650B Pékin Express (1wd provisoirement sans MA) ?!!
      Bonne et longue route à vous ; !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *