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Traversée de l’Italie du Nord en side-car Ural

L’Italie, première étape de notre périple vers le Kazakhstan. Elle nous a réservé son lot de surprises, de rencontres et de fractures de la rétine. Entre incontournables et étonnantes découvertes, on te raconte tout sur notre aventure du Piémont au Val d’Arzino en passant par la Ligurie et Venise. Dans cet article, nous te racontons notre traversée italienne rocambolesque sur notre fière monture à trois roues. Bonne lecture !

Itinéraire de notre road-trip en Italie

Conduire en Italie

La conduite à l’italienne

Après avoir traversé les Alpes dans des conditions neigeuses dantesques, nous découvrons avec émerveillement les superbes paysages du Piémont. Un décor naturel composé de vallées verdoyantes avec les montagnes en toile de fond.

Nous découvrons aussi les joies de la conduite à l’italienne. Comment résumer simplement ? Et bien, il semblerait que le code de la route soit soumis à interprétation. Les lignes blanches n’empêchent pas les dépassements et les clignotants sont manifestement en option. Quant aux limitations de vitesse ? Et bien, les radars omniprésents ne font peur à personne. On apprend d’ailleurs qu’ils ne contiennent que rarement de vrais appareils de mesure. Ce serait donc purement dissuasif. Et manifestement, ça ne dissuade pas vraiment les italiens.

L’état des routes

Après avoir roulé en Italie, tu ne te plaindras plus de l’état des routes françaises. D’une province à l’autre, on passe des nids de poules au nids d’autruche. Si en vallées et en plaines, tu peux t’adapter, c’est une autre paire de manches en montagne lorsqu’il faut jongler entre virages en épingles, faible visibilité, et asphalt en pleine crise d’acnée. Notre conseil ? Bah, prendre son temps ! Surtout que les locaux ont la fâcheuse tendance à confondre route ouverte et circuit fermé.

Le Piémont, des montagnes aux vallons viticoles

Première étape de ce périple piémontais : Torre Pellice.

La particularité de cette ville ? C’est le siège principal de l’église évangélique vaudoise, une branche du protestantisme italien. Mais ce que l’on adore ici, c’est le charme pittoresque de cette petite ville avec ses ruelles, ses troquets, ses places pavées et surtout ses bâtiments aux couleurs chaudes.

Le lendemain, nous troquons l’Ural pour une Fiat Panda et nous fondre dans la tradition locale. La destination ? La Conqa del Pra. Après avoir randonné pendant 1h30, nous atteignons enfin le sommet ! Et là, c’est fracture de la rétine. On te situe le décor ? Les montagnes forment un cercle quasi complet, comme au cirque de Gavarnie. En son centre, de grandes étendues aux airs de bout du monde et tout autour de la forêt à n’en plus finir, territoire privilégié de quelques 200 chamois. Une polenta, une bière et c’est reparti

La région viticole des Langhe

Alba et Asti, en voilà deux villes charmantes !! Ce qu’on aime ? La diversité des édifices romans, la couleur omniprésente. Et que dire de la cathédrale d’Asti ? Superbe !

Les Langhe, c’est surtout une région aux décors fantastiques de vignobles vallonnés. Au sommet de chaque colline, un petit hameau domine ces vastes étendues de vignes et de noisetiers. De toute beauté, on te dit !! Les routes sont un vrai plaisir à moto !

Les joies du camping

Tu le sais sans doute, nous privilégions toujours les nuits au camping ou chez l’habitant. Pourquoi ? Pour des raisons de budget et parce qu’on y fait toujours des rencontres géniales. C’est le cas au camping U.Cagni où nous croisons Simon, un parisien de 24 ans, qui est parti en vélo pour rallier Istanbul. Belle aventure, non ? Nous passons une soirée unique à rêver aux découvertes qui nous attendent et à comparer nos modes de voyage. Tu te rends compte qu’il gère ses bagages au kilo près ? Impossible d’emporter en voyage sa plus belle collection d’enclumes ! Sa méthode pour limiter le budget hébergement ? Planter la tente dans les jardins (après avoir demandé aux locaux évidemment). Tu verras que cette astuce va bien nous servir en Croatie 

On y rencontre aussi Felix et sa femme, un couple de rennais tombé amoureux de la région. Il nous font visiter leur « Gabioto ». Tu vois ce que c’est ? Et bien, on pourrait traduire ça par « grosse cage ». C’est en fait une caravane couplée à une cabane en bois afin de doubler la surface. Normalement, la caravane est censée rester nomade. Mais dans la réalité, si tu essayes de la déplacer, tu risques d’y laisser des morceaux.

En route vers la Ligurie

Des sangliers et de la sambuca

C’est l’histoire d’une journée un peu trop ambitieuse. L’objectif ? Rallier la région d’Asti à la Ligurie. Seulement 200 km séparent notre camping actuel de notre destination. Alors, on prend le café, on traîne, on part en début d’aprem, et rapidement on comprend qu’on aurait pas dû. Pourquoi ? La route de montagne est tortueuse à souhait.

La nuit tombe. On aperçoit pléthores de biches, chevreuils et autres cervidés aux bois élancés. Génial, non ? Sauf qu’au détour d’un virage, c’est un sanglier du gabarit d’une fiat 500 qui nous guette sur le bas côté. Autant te dire que l’issue de la rencontre Ural/cochon sauvage ne jouerait pas vraiment en notre faveur. Nous arrivons au camping à 21h, complètement rincés.

La bonne surprise ? Les tenanciers nous invitent à boire des coups. On comprend rapidement que nous avons atterris dans un endroit pas comme les autres. Les bières s’enchaînent. A 00h00, la bouteille de Sambuca d’un litre fait son apparition. A 01h00, on danse sur les tables en portant des perruques ridicules. A 02h00, c’est un karaoké à la justesse douteuse qui clôture cette soirée. Au passage, on apprend que les loups rodent dans les environs « mais vous inquiétez pas, ils ont peur des humains ». De toute façon, après ce qu’on a picolé, c’est pas ça qui va nous empêcher de dormir.

Nous sommes invités à déjeuner le lendemain chez une famille italiano-belge. Nous les retrouvons à leur maison familiale de vacances située dans un hameau perdu au bout d’une route étroite et virolotante. Au menu, charcuterie locale, la fameuse focaccia, du fromage fait-maison et de la grappa (eau de vie maison) ! Délicieux !

Cinque terre, des beautés surpeuplées

Le parc des Cinque Terre, un week-end de Pâcques, ce n’est pas une bonne idée même s’il paraît que c’est bien pire l’été… Mais c’est quoi Cinque Terre exactement ? Déjà on prononce « Chinqoué Tèrré ». Ce sont 5 villages construits à flanc de falaise, faisant face à la mer Ligure. Il faut bien avouer que c’est magnifique.

Le hic ? Tu l’auras compris, cette beauté attire de nombreux touristes. Cependant, il y a trois manières de naviguer d’un village à l’autre : en train, en bateau ou en randonnant. Opter pour la marche a l’avantage de te faire éviter le flot de touristes. Faut dire que de Manarola à Riomaggiore, ça grimpe et ça descend sévèrement. On a mis nos rotules à rude épreuve !! Est-ce que ça en valait la peine ? Carrément !! Le point de vue de Manarola est juste extraordinaire et justifie à lui seul de venir ici. Pourquoi est-ce notre coup de coeur ? Son décor de village blotti entre la mer Ligure et les montagnes aux flancs découpés en terrasses viticoles. Somptueux !!!

Portofino, la quintessence de tout ce qu’on aime pas (sauf que c’est beau)

Tu prends des yachts hors de prix, de la jet-set botoxée, de l’huître à 6€/pièce, une circulation calvairistique, tu condenses ça dans une crique et tu obtiens Portofino. C’est joli ? Oui, carrément ! mais la faune locale nous a un peu refroidis. Tu l’auras compris, on ne te recommande pas d’y aller à part si tu es en quête d’un yacht à acheter ou d’un sac Ballenciaga à 2600 balles.

Lac de Garde, Venise, Padoue et Trévise, le combo parfait ?

Sublime route du Lac de Garde à Schio

La solidarité Ural opère aussi en Italie. T’imagines ça toi ? Grâce à la magie des réseaux, on rencontre Sergio, un uraliste qui nous laisse planter la tente dans son jardin. Une superbe soirée à parler voyages, piadina et Ural. Mais d’ailleurs, il est où ton Ural Sergio ? « Chez ma soeur, sinon mon fils me réclame de faire un tour en sidecar à chaque fois qu’il passe à côté ». L’excuse est valable. Le lendemain, nous faisons connaissance avec Camilla et Nina, les deux cochons de compagnie du beau-frère de Sergio.

Y a t-il des belles routes dans les environs ? On a le droit à un topo sur les départementales immanquables. Suivant à la lettre ses conseils, nous voilà face au lac de Garde, le plus grand lac du pays. Grosse fracture de la rétine !! Le décor ? Des palmiers, une eau transparente et des montagnes en arrière-plan. Parfait ! On atteint ensuite Riva Del Garda. Une foccacia et un point de vue géniale sur ces collines couvertes de cyprès. On n’est pas mal là. Merci Sergio ! La route montagneuse est tout aussi sublime jusqu’à Schio.

Venise, l’inspiration du film Waterworld ?

La place Saint-Marc, les canaux, les gondoles, ouais c’est clair, Venise est magnifique. Pas trop bondé ? Et bah en fait, si tu y vas tôt le matin, en semaine, hors-saison, en période post-covid, ça va. Pourquoi a t-on adoré Venise ? Déjà pour le charme incomparable la ville. Personne ne peut rester indifférent face à ce labyrinthe de venelles étroites, de ponts en pierre et de canaux. Contempler le ballet des bateaux est une activité qui peut rapidement devenir addictive.

Ce qui nous a surtout plu à Venise, c’est la manière dont toute la vie s’est adaptée autour de cet urbanisme si particulier. Livreurs, plombiers, grutiers, tous ont dû s’adapter aux contraintes de l’impossible circulation en véhicule à roue motorisés. Imagines-tu te faire livrer ta palette de parpaings par péniche ? On peut t’assurer que la scène est cocasse.

Les déplacements terrestres aussi ont dû trouver des astuces. Traverser un pont enjambant un canal, c’est sympa lors d’une visite, ça l’est beaucoup moins pour livrer une cargaison de soda au resto d’à côté. Les chariots sont donc pensés pour facilement monter et descendre les marches. Un déluge d’ingéniosité, on te dit !! Et puis dans un registre un peu plus philosophique voire carrément climato-apocalyptique, on peut facilement imaginer que cet urbanisme aquatique soit voué à se répandre avec la montée des eaux. Alors, à quand un tour de gondole sur les canaux de Paris ?

Trévise et Padoue

Si tu passes à Venise, tu dois visiter Trévise. Pourquoi ? Pour la rime, déjà. Et ensuite parce que cette ville a un charme indéniable. Ce qu’on a adoré ? Flâner au gré des ruelles et des canaux en contemplant les quelques roues en bois qui tournent tranquillement, essayer de compter le nombre d’arcades qui entourent ses grandes places et enfin contempler les reliques de San Antonio dans sa basilique. Bon, euh, si on se serait volontiers passé de la vue sur ce qu’il reste de la mâchoire inférieure du Saint-Antoine. Il n’empêche que l’intérieur de cet édifice est merveilleux. Notre coup de coeur ? La zone où se trouve la tombe avec ses bas reliefs en marbre blanc aux détails incroyables. On peut même distinguer les veines et tendons des personnes sculptées. Incroyable !!

A peine remis de cette claque visuelle, nous filons à Padoue pour contempler la Capella degli Scrovegni. C’en était trop pour nos pauvres petits yeux innocents. Mais de quoi parle t-on exactement ? Juste d’un chef d’oeuvre de la peinture. A l’intérieur de cette chapelle, Giotto employa tout son talent pour conter l’histoire de Jésus et Marie. 1000m2 de fresques peintes en 3 ans. Croyant ou pas, on ne peut être que béat devant ce niveau de détails, de précision et de travail des couleurs. Un trésor qui se conserve au prix d’une organisation millimétrée : 15 minutes à l’intérieur par groupe de 25 personnes et passage obligatoire par un sas pour contrôler l’air qui y circule !! Ça ne rigole pas !!

Val d’Arzino

En Italie, les campings sont chers. Tous ? Non, pas tous. On a trouvé la pépite au cœur de paysages splendides : le camping du Val d’Arzino. Bon… ce n’est pas vraiment un camping, plutôt une aire de bivouac. Pas de toilettes, pas de douche, juste un coin d’herbe en bord de rivière. C’est exactement ce qu’il nous faut ! Le prix ? Rien, nada, 0, gratuit ! C’est une belle initiative de la commune qui met ce terrain à disposition au risque d’y retrouver des détritus (pas les nôtres bien sûr).

On ne peut rêver plus belle soirée : tapis au creux des montagnes, bercés par le flot tranquille de l’Arzino, à déguster des raviolis farcis au jambon de pays. Le hic ? Ce feu de bois qui cuit notre repas, manque de nuance dans la température. Mère nature réclame donc son tribu : 5 raviolis débordent de la casserole.

La nuit est glaciale et pluvieuse. Le lendemain matin, nous nous réfugions à l’auberge du village. Une petite dizaine d’anciens du village boivent du vin rouge en mangeant des cacahuètes. Pas très différent de chez nous, non ? Qu’est ce qu’on s’y sent bien dans cette auberge, assis à côté du radiateur… Et puis dehors, il pleut ! Les deux cafés du petit-déjeuner se prolongent en deux bières et un super repas. Des gnocchis à la sauce au cerf et des raviolis. Un petit limoncello nous est offert en digestif. On s’en souviendra de ce refuge italien. Un peu de confort de temps en temps ça fait du bien ! Il est 14h, va falloir décoller. C’est qu’on a rendez-vous avec la Slovénie !

On espère que ce premier article sur notre voyage en Europe et Asie centrale t’aura plu. Pas de tabou, on te raconte ce qu’on a adoré, moins aimé, ce qu’on considère comme un incontournable. La suite de nos aventures ? Ça se passe en Slovénie, un pays aux paysages incroyables dont on est légèrement tombé amoureux. Alors, restes connecté ! Bonne route à toi !!
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3 commentaires sur “Traversée de l’Italie du Nord en side-car Ural”

  1. Super article, bravo à vous deux vous avez enfin réussi à vivre votre Uralistan malgré les difficultés.
    Continuez à nous raconter et à nous faire partager votre aventure.
    Je suis content aussi de voir que le capital sympathie de l’Ural n’est pas une légende !

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