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Road trip à moto dans les Alpes (Vanoise & Ecrins)

Parmi les routes mythiques en France, la route des Grandes Alpes est sans doute la plus célèbre. Une avalanche de virolos, des cols en veux-tu en voilà, et puis des panoramas à couper le souffle. Mais est-ce que cela suffit pour un road-trip moto parfait ? Ne manquerait-il pas une petite note de sites culturels pour compléter la fameuse recette de l’aventure à deux roues idéale ? C’est ce que nous sommes partis vérifier avec ce périple de Beaufort à Briançon à travers le parc de la Vanoise. Dans cet article, nous te racontons nos multiples fractures de la rétine sur les hauts sommets alpins.
Alliant incontournables et jolies départementales, l’itinéraire finalisé issu de ce repérage (dont la trace GPS) figurera dans notre guide de road-trips moto en France. Bonne lecture !
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Points d'intérêt

Récit de notre repérage de l'itinéraire moto dans les Alpes

De Beaufort au lac de Roselend

Nous débutons ce périple à Beaufort, capitale du fromage susnommé ! En prenant cap à l’est, ça virolote gentiment tout en grimpant en altitude. Pourquoi tant d’ondulations ? Nous longeons les méandres du Doron sur de sublimes routes de forêt. Puis ça commence à serpenter sérieusement dans de somptueux paysages de montagnes.

Nous atteignons alors le lac de Roselend. Comment le décrire ? C’est tellement beau ! Cette retenue d’eau artificielle est simplement incroyable avec son eau turquoise complètement ceinte de montagnes aux parois grises. Une bonne claque visuelle comme on les aime. La vue est encore plus surprenante lorsque l’on se rend au parking qui surplombe le barrage. Un ouvrage, sommes toutes, plutôt esthétique avec ses courbes généreuses.

Lors de la préparation de ce périple, un motard local nous avait prévenu : « la route jusqu’à Bourg-Saint-Maurice est l’une des plus belles qu’il m’ait été donné d’emprunter. » N’en rajouterait-il pas un peu ? Il faut bien avouer qu’il avait raison. C’est absolument sublime. Le passage par le Cormet de Roselend avec à 1968 m d’altitude est l’apogée en termes de décors. Les montagnes de roche grise à la végétation presque rase sont splendides.

Les gorges de la Daille

Arrivés à Tignes 1800, nous rattrapons l’Isère. On contemple alors avec plaisir le sublime camaïeu de bleu du lac de Chevril. Une autre surprise nous est réservée : les gorges de la Daille. La rivière y essaye tant bien que mal de se frayer un chemin entre les montagnes rocheuses. Splendide !

Le col de l’Iseran

Les choses sérieuses commencent. Pourquoi ? Nous débutons la grimpette du col de l’Iseran. Les premières pentes à 5 ou 7 % ne posent pas de souci. Mais ce n’est pas la même histoire lorsque la déclivité avoisine les 9%. On se cale alors à notre rythme de croisière : 40km/h en seconde. Pas trop haut dans les tours pour éviter la surchauffe, et pas trop bas pour que Gobi est encore du couple. Cette ascension est ponctuée de haltes pour ménager notre monture et surtout pour profiter des paysages incroyables.

A force de patience nous atteignons le sommet du plus haut col carrossable de France ! 2770 mètres d’altitude tout de même ! Que dire de l’atmosphère au sommet ? C’est absolument lunaire. Nous sommes entourés de montagnes de roche grise, une sorte de chaos rocheux aride unique en son genre. Cela nous rappelle un peu le Ladakh bien que l’altitude y était deux fois plus élevée et les paysages plus vastes. Aucune végétation. Les seuls organismes vivants semblent être ces bipèdes motorisés à deux roues. Justement, on approche un groupe de 5 masos qui viennent d’accomplir l’ascension avec des bécanes des années 50. On s’auto-congratule car cette grimpette fut tout de même une épreuve.

Bonneval-sur-Arc

Puis nous atteignons Bonneval-sur-Arc, un village pittoresque où le temps semble s’être arrêté. Ce qu’on adore ? Toutes ses maisons en pierre grise et aux toits de lauze. C’est tellement mignon ! On apprend d’ailleurs qu’avant la construction de la route sur le col de l’Iseran en 1937, ce hameau était completement isolé pendant tout l’hiver. Une periode mise à profit pour tisser, couper du bois, etc afin de pouvoir vendre le fruit de l’artisanat aux touristes l’été venu.

Ivres de notre succès, nous décidons d’aller poser le campement au creux de la vallée de la Haute-Maurienne. Le spot ? La grange de Travérole. Sans doute l’un des plus bel endroit pour camper que l’on connaisse. On pose la tente dans une prairie verdoyante, avec tout autour de sublimes montagnes. Des airs de steppes mongoles flottent dans l’air.

Forts de l’Esseillon

Le lendemain, c’est avec l’esprit bercé par les chants diphoniques de Genghis Khan et son peuple nomade que nous serpentons au rythme de l’Arc. Ces viroolos à plat sont un vrai bonheur en Ural. Cela nous change des virages aux pentes bien raides qui nous taillent des épaules de bodybuildeur.

Au sud d’Aussois, nous atteignons alors les forts de l’Esseillon. Quèsaco ? Une série de 5 fortifications bâties sur des éperons rocheux. A l’origine prévu pour défendre la maison de Savoie des attaques françaises, ils n’auront jamais subi de baptême du feu. Toujours est-il que l’ambiance et la vue sur la vallée de l’Arc y sont extraordinaires.

Cols du Télégraphe et du Galibier

Passé Modane, nous nous lançons à l’assaut du col du Télégraphe à 1566m d’altitude. Une paille après avoir gravi l’Iseran ! La bonne surprise ? Au sommet, nous rencontrons un autre uraliste à la buvette. Le fait qu’il soit à la buvette n’est guère surprenant, par contre, qu’un autre Ural soit ici et maintenant, ça l’est davantage. On taille le bout de gras puis nous repartions en direction du col du Galibier.

L’ascension n’est qu’une succession d’émerveillement. On en prend plein les yeux ! Des routes sinueuses à n’en plus finir, mais surtout des montagnes grises avec leur fin duvet de verdure. De sublimes images de grands espaces arides. Au sommet, à 2642m d’altitude, on contemple les montagnes alentours qui selon l’altitude revêtent un manteau vert, gris ou blanc pour les plus hautes. Comment profiter encore mieux de ces paysages ? Avec une bière pardi ! Nous mettons cap au refuge pour combiner l’ivresse de l’altitude avec celle de la mousse.

Briançon

Ultime étape de ce périple : Briançon. Ce qu’on aime ici ? L’ancienne collégiale Notre-Dame-et-Saint-Nicolas et surtout ses fortifications Vauban avec notamment le mur d’enceinte de la ville ainsi que les forts des Salettes et des Têtes. Une sublime ville médiévale à l’atmosphère géniale.

Que dire de ce périple ? On a adoré ces décors montagneux majestueux ainsi que ces avalanches de virolos. C’est clairement un paradis pour motard en quête de prise d’angle. Et puis l’ascension du col de l’Iseran avec ses paysages lunaires restera gravé dans nos mémoires pendant des années. Le bémol selon nous ? Cette zone manque de sites et lieux culturels. On aurait aimé pouvoir découvrir davantage de sites historiques ! Le bilan donc : si tu veux te délecter de virages dans un cadre somptueux, on te recommande d’y aller à 200%. Bonne route à toi !!
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1 commentaire pour “Road trip à moto dans les Alpes (Vanoise & Ecrins)”

  1. Salut Marion et Jérémy,
    Je garde un souvenir inoubliable du col de l’Iseran que j’ai fait en moto solo, dans les deux sens au gré de mes pérégrinations.
    Et quel joli village que Bonneval sur Arc.
    Tu parle des gars qui ont fait ça en bécanes des années 50, mais j’en ai vu qui le faisait en vélo. Chapeau !!!
    Et le télégraphe et le Galibier, quel régal !
    A bientôt.
    Eric

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