L’exploration du plateau des Millevaches en sidecar Ural

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Il y a des régions de France qui nous font rêver. Et le plateau des Millevaches en fait partie. Évidemment popularisé par son hivernale, c’est surtout un parc naturel aux paysages incroyables avec ses vallons verdoyants, ses forêts de pins et ses massifs où paissent les bovins. Début Octobre 2020, nous avons eu l’occasion d’aller poser nos trois roues sur ce parc régional au croisement de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne.
Nous étions remplis d’interrogations. Y a t il vraiment tant de bovins que ça là bas ? Les habitants de la Creuse n’auraient ils pas crié sur tous les toits qu’il n’y avait rien à faire dans la région pour éloigner les touristes et garder leur département rien que pour eux ? Pourquoi y a t-il des Alpagas dans cette région isolée ?
Autant de questions auxquelles nous avons maintenant des éléments de réponse. Si notre quête de la vérité vous intéresse, nous vous souhaitons une bonne lecture !

Notre objectif : emprunter les plus petites routes possible

Les locaux font les meilleurs conseillers

Tout commence à Neuvic-Entier situé à la frontière de cette illustre région. Passage obligatoire avant de s’enfoncer dans la taïga corrézienne. Pourquoi ici plutôt qu’ailleurs ? Car nous y avons un ami uraliste doublé d’un « abeilleur ». Et oui, quoi de mieux qu’un local pour nous conseiller les spots à ne pas louper ?

D’ailleurs le terme « Millevaches » ne ferait pas référence aux nombreux bovins mais à l’abondance des sources d’eau.

1ère étape de notre périple dans les vallées kilo-bovines : Bujaleuf.

Très bonne entrée en matière. La Maulde, la rivière locale, traverse ce village en lui donnant des airs de Suisse. Magnifique. Nous décidons de remonter le cours d’eau pour explorer les campagnes alentours. Les paysages sont incroyables. Les vastes plaines alternent avec les forêts de pins et les pâturages à vaches. Étant adeptes des chemins buissonniers, nous nous évertuons à rester sur les petites départementales voire les chemins d’exploitation.

Prochaine halte ? Peyrat-Le-Chateau.

La vie semble s’y écouler moins vite qu’ailleurs. Un peu comme dans Interstellar, vous voyez ? Une heure là bas équivaut à une semaine dans le reste de la France. Faut dire que cette bourgade est bercée par le rythme tranquille de son étang.

Nos pérégrinations nous amènent ensuite au Lac de Vassivière.

Spot magique si il en est. En Octobre, il n’y a personne, on peut alors profiter à fond de la quiétude des lieux. En été, il s’apparente plus à une station balnéaire. Il est possible de faire le tour du lac par la route, nous choisissons de le contourner par le nord.

« Dans la famille lac, je veux le petit frère ! ». Et voici le lac de Lavaud Gelade. L’espace d’un moment, nous oublions que l’on est toujours en France. Il faut dire que le coin a franchement des airs de Russie. L’étendue d’eau est entourée d’une forêt de pins assez dense, quelques pécheurs à barque y trempent leur canne,… Il ne manque plus qu’un bûcheron avec une chapka pour compléter le tableau.

Trêve de lacs ! Il est temps pour nous d’aller gravir des montagnes !

Nous filons donc au sud direction le massif des Monédières. Toujours par les petites routes, nous passons Senoueix, Gentioux-Pigerolles, Faux-La-Montagne, Tarnac. Honnêtement, on en prend plein les mirettes. Les paysages de nature aux couleurs automnales sont juste fous.

A la fin de cette première journée, nous plantons la tente au camping des Millesources, à Bugeat.

Superbe adresse, les tenanciers sont tops et surtout le cadre est incroyable avec son petit cours d’eau et sa magnifique pinède. Marion plante la tente pendant que Jérémy bricole l’Ural. Une fois ces menues tâches accomplies, nous nous félicitons avec une bière bien méritée. Au détour d’un chemin, nous croisons des animaux à l’allure étrange. Des alpagas ? Qu’est ce que ces animaux font aussi loin de leur contrée d’origine ? Nous apprendrons plus tard que l’élevage commence à se développer dans la région et pour cause : leur laine est 7 fois plus chaude que celle du mouton.

Le lendemain matin, nous prenons la direction des Monédières.

Nous nous réveillons fraîchement car il fait 3-4 degrés. Démonter le campement dans ces conditions te pousse quand même à quelques réflexions intérieures : « Est-on masos ? Pourquoi fait-on ça ? » Cessons les introspections ! En route !

Et là, à la sortie d’un virage, j’aperçois subrepticement une superbe piste qui s’enfonce dans la foret. Je vois aussi que Marion l’a repéré. Un échange de regard suffit pour se comprendre : il faut qu’on aille voir de quoi il en retourne. Nous avons eu le nez creux. Ce sentier escarpé mène à une pinède de toute beauté. Un photo-shoot s’impose.

Voici enfin le massif des Monédières. Les collines défilent avec leurs denses forêts et leurs plaines verdoyantes. Le spectacle est magnifique. Enfin, nous atteignons le site de Suc-Au-May. Qu’est ce que c’est ? C’est un sommet qui pointe à 908 mètres d’altitude. C’est pas non plus l’Everest mais on y voit très loin. Le panorama sur les environs est incroyable et la table d’orientation permet de savoir ce qu’on regarde. Nous décidons de grignoter sur place en admirant le spectacle des parapentes qui prennent leur envol juste à côté.

Une fois repus, nous prenons la direction du toit du monde ! Ou plus modestement, du plafond de la Corrèze.

Le Mont Bessou, point culminant du département atteint à peine le kilomètre d’altitude. 977m pour être tout à fait exact. Il n’empeche que le lieu est magnifique. Notamment, la tour d’observation permet de s’élever au dessus des arbres et de profiter d’une vue très dégagée sur les environs. C’est là que l’on se rend compte que le plateau des Millevaches est quand même très préservé, très vert et très peu peuplé. C’est pas pour nous déplaire !

Petit quiz : pourquoi autant de pinèdes dans le coin ? Et bien, parce que le pin Douglas fait tourner l’économie locale. Aussi appelé pin d’Oregon, il pousse très vite (jusqu’à 50m en 5 ans) et produit du bois idéal pour la construction.

Trêve de culture, nous mettons cap au nord-est

Nous traversons le mythique village de Millevaches. Nous ne résistons pas à l’appel de la photo souvenir. Puis finalement, après des kilomètres de départementales au charme certain, nous atteignons Herment. Nous posons la tente au camping municipal juste à côté de l’abbatiale. Combien coûte une nuit au plus près du seigneur ? 6€ ! Prix imbattable. Le lendemain, nous devrons malheureusement quitter cette région magnifique.

Et voilà ! Notre exploration du plateau kilo-bovin touche à sa fin. Nous gardons un super souvenir de paysages verdoyants, de pinèdes, de plaines et de collines. Notre coup de cœur ? Sans doute le lac de Lavaud Gelade avec ses airs de Baïkal. Il est certain que 2 jours ne suffisent pas pour avoir une vue assez complète de la région. 1 jour supplémentaire aurait été idéal pour explorer l’est de la zone. Mais une autre aventure nous attend : arpenter les pistes du TET en Ural. Ça vous intéresse ? Alors, restez connectés !
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