Situé entre les monts du Cantal et les étendues calcaires des grands Causses, l’Aubrac est un haut-plateau volcanique étonnant. Étonnant par ses paysages qui nous ont évoqué tantôt l’Irlande, tantôt les steppes mongoles. Étonnant aussi par l’apparente rudesse de ses décors désertiques, de ses villages minéraux et de son climat rigoureux. Dans cet article, nous te racontons notre téléportation au cœur des steppes mongoles de l’Aubrac.
Points d'intérêt
Laguiole
Gorges du Bès
villages vernaculaires : Aubrac, les Hermaux, Sainte-Urcize, Nasbinals
Cascades du Déroc et de Saltou
Lacs Saint-Andéol, des Moines, de Picade, de Bonnecombe…
Alliant incontournables et jolies départementales, l’itinéraire finalisé issu de ce repérage (dont la trace GPS) figure dans notre guide de road-trips moto : « Week-ends à moto, 50 itinéraires insolites en France » (éditons Larousse)
>> Découvrir le livre (disponible en librairie et sur les sites de vente en ligne) Bonne lecture !
Récit de notre repérage de l'itinéraire moto dans l'Aubrac
De Grandval aux gorges du Bès
Nous débutons ce périple à Grandval pour y admirer la retenue d’eau de la Truyère. Le barrage n’est pas super esthétique mais on adore le cadre verdoyant du lac. Nous attaquons ensuite les gorges du Bès. Escarpé et étroit, ce canyon est un régal à bécane. Le seul souci ? Ça ne dure pas assez longtemps !!
De l’Irlande à la Mongolie en quelques kilomètres
En continuant vers le sud, nous profitons de superbes panoramas ruraux. Ces décors de bocage à flancs de montagne sont juste sublimes. Puis après un rapide passage à Deux-Verges, nous pénétrons en Irlande. What ? Et ouais, ces pâtures vertes délimitées par des petits murets en pierre nous transportent tout droit au pays de la Guinness. De gros rochers parsèment le paysage donnant aux vaches l’occasion de faire un peu d’exercice.
Bon et après l’Irlande, on va où ? En Mongolie, pardi ! Nous disons effectivement au revoir aux prairies verdoyantes, et bonjour aux vastes steppes désertiques à la végétation rase. On adore ce visage de l’Aubrac, c’est majestueux !
Prochaines étapes : Sainte-Urcize (station de ski) et les lacs de Saint Andéol et de Bonnecombe
Nous n’y allons pas pour peaufiner notre prise de carre mais bien pour profiter du charme de cette cité moyenâgeuse. Arpenter ses ruelles étroites, admirer ses vieilles demeures aux toits de lauze, on pourrait y passer des heures. Ce qu’on aime ici en particulier ? L’église romane du XIIIème siècle avec son clocher en peigne.
Nous faisons maintenant halte au bord d’un oasis glaciaire naturel : le lac de Saint-Andéol. Le terme oasis est finement choisi tellement les plaines alentours semblent d’une aridité incroyable. Ici et là, on peut observer un buron. Ces petites bâtisses en pierre servent d’abris de fortunes aux berges affrontant le sale temps.
Nous continuons notre épopée à travers ces steppes décharnées jusqu’à la prochaine oasis : l’étang de Bonnecombe. On assiste alors à un changement de décor génial ! La nature reprend ses droits et la verdure refait son apparition. Ainsi les abords de l’étang sont recouverts d’herbes hautes et de forêts de résineux. Quel plaisir de retrouver toute cette vie végétale !
Prochaine destination ? Les Hermaux
Bâti sur les contreforts de l’Aubrac, c’est typiquement le genre de hameau minéral que l’on adore. Non seulement pour son aspect pittoresque avec ses maisons en pierre qui semblent s’empiler les unes sur les autres, mais aussi parce qu’on imagine aisément le genre d’êtres humains qui vivent ici. Et oui, le climat de montage est rude, les vents violents, le village isolé, alors on visualise assez bien la dureté des 95 âmes résidant aux Hermeaux.
Nous serpentons ensuite sur une extraordinaire route des crêtes. Dans ces paysages de bocage, nous découvrons avec surprise le lac de Picade ainsi que celui des Moines, situé à 1310m d’altitude. Deux étendues d’eau à l’atmosphère sereine.
Savais-tu qu’en plus d’être un haut-plateau granitique, Aubrac était aussi un village ?
Il faut bien dire qu’il a un charme quasi-mystique avec ses maisons en pierre noire. La « cloche des égarés » autrefois pendue au clocher de l’église, servait à guider les pèlerins qui entreprenaient la traversée du plateau par mauvais temps. Aujourd’hui encore les marcheurs de Compostelle passent par le village. Toutefois, les smartphones et GPS ont légèrement altéré l’intérêt de cette cloche des perdus.